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La phase orogenique Saalienne en France

Pruvost, Pierre

Résumé

Sommaire Cette note résume nos connaissances actuelles sur la phase orogénique saalienne en France. Depuis qu'elle a été définie par le Professeur HANS STILLE, les progrès des recherches, en particulier dans les bassins houillers français, ont souligné son importance et précisé sa nature. Il est donc naturel que ces résultats soient consignés dans le volume qui lui est dédié. Introduction La phase orogénique saalienne, définie par HANS STILLE, coïncide avec un tournant remarquable de l'Histoire de la Terre. Elle se place entre Rotliegendes supérieur et Rotliegendes inférieur, c'est-à-dire entre l'Autunien et le Saxonien-Thuringien des géologues français. Elle est contemporaine de la «Révolution appalachienne» des géologues américains, qui s'est produite à la fin de leur Pennsylvanien. Enfin, elle n'est autre chose que la vieille limite qu'avait tracée WERNER, il y a deux siècles, avec une prémonition digne d'être soulignée, entre son «Übergangsgebirge» et son «Flözgebirge». C'est pour tenir compte de son importance que, W. J. JONGMANS et moimême, nous avons proposé, en 1950, d'adopter le terme «Pennsylvanien» utilisé en Amérique, afin de désigner en Europe l'ensemble des formations continentales du Carbonifère moyen et supérieur (Namurien, Westphalien, Stéphanien et Autunien), qui l'ont immédiatement précédée. Ce glissement d'accolade incorpore l'Autunien au Carbonifère. Il restreint donc le Permien classique à sa partie supérieure, que les géologues alpins ont actuellement tendance à désigner sous le nom de «Néopermien» (F. ELLENBERGER), c'est-à-dire à son faciès continental, le Saxonien, et à son faciès marin, le Zechstein ou Thuringien (correspondant aux étages Koungourien et Kazanien de Russie). Cette restriction reçoit un support sérieux du fait que la flore à Glossopteris-Gangamopteris, connue maintenant dans l'hémisphère Nord, en Oural et dans les Pyrénées, devient caractéristique du Permien ainsi défini, tandis que la flore à Callipteris-Gigantopteris, de caractère plus nettement carbonifère, se place sous la limite proposée.