Original paper

Alaotra Lake (Madagascar) Past, Present and Future

Ferry, L. Mietton

Abstract

Alaotra is the largest lake in Madagascar (456 km2). It is surrounded by marshes and irrigated lands yielding high economic value crops. It is the most important rice-growing region in Madagascar. Its basin, at the same time, has an important patrimonial and ecological role and was listed as a wetland of international importance under the international Ramsar Convention (1971). These positive but diverging points and also sedimentation mechanism justify a new survey of the spatial evolution of the lake. The results of this study are the followings: - Current hydrological characteristics: bathymetric map (interval 25 cm), elevation-area-volume curves, monthly and annual average water surface elevations of the lake, extreme elevations estimated for wet and dry periods. In the same way, the annual outlet discharge from the lake is computed, including wet and dry years over 50 years. The water balance of the lake watershed with the total area of 6.855 km2 is calculated. Finally, the aquatic vegetation of the lake and its marshlands, which plays an important role against the process of sedimentation, is also presented. - Plio-Quaternary evolution of the lake: It is difficult to determine precisely its original larger size. Its shrinking would be linked to a probable capture, a regional tectonic movement and paleo-climatic variations. - Future profile of the lake is approached through a critical analysis considering the hypothesis of an acceleration in the sedimentation in the lake (high specific erosion, erosion due to hydraulic infrastructure) and all other opposite reasons. Through different analysis, there is no evidence showing a significant sedimentation in the lake. In conclusion, the choices of development are discussed. Priority must be given to the development of upstream areas in order to insure the protection of both the rice fields and the lake itself. French Le lac Alaotra est le plus grand lac de Madagascar (456 km2 à la cote moyenne de 751,20 m). Il est entouré de marais et de périmètres hydro-agricoles de grande valeur économique, constituant le «premier grenier à riz» de la grande île. Cette cuvette a dans le même temps une valeur patrimoniale, écologique, puisqu'elle constitue une zone humide protégée par la convention de Ramsar (1971). C'est cette mise en parallèle de ces intérêts, probablement divergents, avec la dynamique de sédimentation dans le lac qui justifie la reprise de l'examen de son évolution spatiale. Les résultats de ce travail permettent de présenter tout d'abord les caractéristiques hydrologiques actuelles: la carte bathymétrique (équidistance des courbes de niveau de 25 cm), les courbes altitude-superficie et altitude-volume, les hauteurs annuelles et mensuelles moyennes du lac ainsi que les variations journalières exceptionnelles (seiche), les statistiques des cotes moyennes mensuelles et annuelles ainsi que les cotes extrêmes pour des années sèches et humides, jusqu'à une récurrence de 20 ans. De la même façon, les modules bruts de l'émissaire du lac à l'exutoire sont établis pour des années sèches et humides jusqu'à des récurrences de 50 ans. Le bilan hydrologique du bassin versant du lac à l'exutoire (6.855 km2) est précisé. Enfin, la végétation aquatique du lac et de son marécage, qui joue un grand rôle vis-à-vis des processus de sédimentation, est également présentée. L'évolution plioquaternaire du lac est ensuite discutée: ce dernier n'est en effet que le témoin d'un lac beaucoup plus vaste, dont l'extension se révèle en fait difficile à préciser. Sa rétraction serait liée à des phénomènes de captures très probables ainsi qu'à une mobilité tectonique régionale et aux variations paléo-climatiques. Enfin, le devenir du lac est appréhendé à travers une analyse critique des arguments favorables à l'hypothèse d'une sédimentation rapide dans le lac (forte dégradation spécifique, rôle des aménagements hydrauliques) puis des arguments contraires plus originaux. Au total, la démonstration d'une sédimentation significative dans le lac proprement dit n'est pas faite et plusieurs facteurs conditionnels limitants, non exclusifs les uns des autres, sont mis en avant. En conclusion, des choix d'aménagement sont discutés. La priorité doit être impérativement donnée à l'aménagement des amonts dont la protection conditionne concomitamment celle des grands périmètres rizicoles ainsi que celle du lac lui-même.